Les sabotages et les attentats :

En  Ille-et-Vilaine, les FTPF (Francs-Tireurs et Partisans Français), mouvement issu du Parti Communiste, agissent sous le commandement du Colonel Louis Pétri. Sur les secteurs sud et sud-ouest du département, deux compagnies sont constituées : l'une placée sous la responsabilité du capitaine Bourhis et l'autre sous celle du capitaine Jubin (la 12° compagnie).
1_Louis_Petri.jpgDes résistants mordelais en font partie.
En 1943, à la gare l’Hermitage-Mordelles, ils font dérailler un train de marchandises et endommagent 13 wagons. La même année, ils sabotent également des lignes téléphoniques.

En 1944, les pylônes de la ligne à haute tension Pontchâteau-Rennes (la seule ligne à très haute tension traversant la Bretagne du nord au sud) sont détruits sur les communes du Rheu et de Mordelles, à cinq reprises.
Les FTPF sabotent aussi les  lignes téléphoniques, la voie ferrée Paris-Brest (au Rheu et à l’Hermitage) et la gare l’Hermitage-Mordelles, provoquant le déraillement de plusieurs trains.

A Mordelles, pour contrecarrer ces entreprises de destruction, les Allemands réquisitionnent des habitants de 18 à 60 ans pour surveiller les voies de chemin de fer, garder les pylônes électriques notamment à Beaumont et à Chavagne ou encore boucher les trous faits par les bombes lâchées sur l’aérodrome de Rennes Saint-Jacques. 2_requisition_44_pylone_electrique.jpgCelui-ci est en effet bombardé au moins sept fois de 1943 jusqu’à sa libération le 04 août 1944.
La Bretagne constituant un enjeu stratégique pour le contrôle de la Manche et de l'Atlantique, les Allemands y font édifier, dès le début de l’occupation, des bases sous-marines (Brest, Lorient et Saint-Nazaire) et agrandissent les aérodromes bretons en vue d’envahir l'Angleterre.
Ainsi, d’une superficie de 90 hectares en 1938, l’aérodrome de Rennes Saint-Jacques atteint 600 ha en 1943.
Les forces ennemies y construisent le grand bunker du Haut-Bois, poste de commandement de tous les radars et batteries de la DCA (Défense Contre les Avions) des environs. L’aérodrome devient alors la cible privilégiée de la Royal Air Force et de l’aviation américaine.

Maurice Costo se souvient des réquisitions ordonnées par Robert de Toulouse-Lautrec sous la menace de l’occupant : les Allemands venaient régulièrement chercher de la main d’œuvre à Mordelles car ils s’acharnaient à remettre en état les pistes après chaque bombardement. Les Mordelais réquisitionnés craignaient pour leur vie car le risque de se faire attaquer par les avions alliés était important. Ils étaient acheminés vers le camp d’aviation dans des camions plateforme. Les Allemands leur fournissaient le matériel pour combler les cratères formés par les bombes. Certains, discrètement, enfouissaient les pelles et les pioches au fond des trous, espérant ainsi épuiser les stocks.

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Les bombardements :

Le 8 mars 1943, peu avant 14 h 30,  67 bombardiers B17 (forteresses volantes) survolent Mordelles à 6000 mètres d’altitude. Pendant 20 minutes,  l’aviation alliée largue 135 tonnes de bombes sur Rennes faisant près de 300 morts.
4_B17.jpgNos aînés se souviennent parfaitement du passage de ces avions, volant en formation dans le ciel mordelais :
même à très haute altitude, le passage des forteresses volantes était très impressionnant. Le trafic au-dessus de Mordelles était important car notre commune se trouvait sur le passage des Anglais quand ils allaient pilonner Rennes Saint-Jacques ou les bases marines de Saint-Nazaire et de Lorient. De la côte de Bellevue (NDLR : sur la RN 24 en direction de Bréal-sous-Montfort), les Mordelais apercevaient les lueurs des bombardements...

... (suite dans l'article n°5)


Focus :
dans le cadre de la célébration des 70 ans du débarquement en Normandie, un Dakota C47, ayant participé aux parachutages du débarquement (photo ci-dessous), survolera la ville de Rennes à basse altitude entre 11 h 45 et 12 h 00 le lundi 9 juin 2014 (Pentecôte).
Il sera également ouvert aux visites entre 13 h 00 et 15 h 00 à l'aéroclub de Rennes Ille-et-Vilaine le même jour.

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